Privatisation, expropriation, concession, commercialisation du domaine public : les mots ont un sens20 minute(s) de lecture

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A mesure que la polémique autour des accords de numérisation de la BnF prend de l’ampleur et rebondit dans la presse générale, on voit apparaître un faisceau de positions révélant des différentes notables d’approches. Si la condamnation de ces partenariats public-privé est large, elle n’est pas non plus unanime. Cette gradation des points de vues est saine et légitime, mais il paraît important de bien cerner la nature exacte de ces nuances pour comprendre ce qu’elles signifient.

Les mots de la déclaration "Non à la privatisation du domaine public en France !"

Les mots de la déclaration « Non à la privatisation du domaine public en France ! »

Quand on examine attentivement les positions, on se rend compte par exemple que certains s’opposent à ces accords, mais ne considèrent pas que le terme « privatisation » du domaine public soit approprié. D’autres rejoignent l’opposition, mais sans condamner la forme même de ces partenariats, qu’ils rapprochent d’une concession de service public. Certains semblent prêts à admettre une exclusivité sur le domaine public, dans la mesure où elle serait temporaire. D’autres encore estiment ces accords légitimes, justement parce que par nature, on doit pouvoir commercialiser le domaine public.

Il est incontestable également que la BnF et le Ministère de la Culture essaieront de défendre ces projets en jouant sur les mots. Bruno Racine, le président de la BnF a commencé à le faire dans Livres Hebdo, en affirmant qu’il est plus juste de parler«d’exclusivité pour le partenaire qui fournit la prestation, et non de privatisation.»

Il est donc très important de bien cerner ce que signifient les termes expropriation, privatisation, concession, commercialisation, appliqués à la problématique du domaine public, envisagé comme bien commun de la connaissance.

Privatisation du domaine public = expropriation d’un bien commun

C’est Philippe Aigrain sur son blog qui a employé le premier les termes « privatisation » et même « expropriation », à propos de ces accords. Ces qualifications me semblent appropriées pour décrire ce qui est en cours et je les ai reprises à mon compte. Ces mots figurent aussi dans une tribune publiée dans Libération aujourd’hui, signée par Philippe Aigrain, Mélanie Dulong de Rosnay, Daniel Bourrion et moi-même. Elles ont notamment permis de beaucoup mieux cerner le problème par rapport à la dénonciation d’une « commercialisation » du domaine public, employé par certains au début de la mobilisation, qui n’est pas (du tout) approprié.  Philippe Aigrain dit ceci :

Ces accords se caractérisent par une privatisation (droits d’exploitation commerciale exclusive pour 10 ans) d’un patrimoine appartenant pour tout (les livres anciens) ou partie (les enregistrements sonores 78 et 33 tours) au domaine public.

[…] voilà la BNF qui privatise le domaine public pour dix ans, et qui se vante que ce soit à son propre profit aussi (donc qu’elle sera durablement intéressée à développer cette privatisation du bien commun) et qu’elle réinvestira les sommes en résultant dans d’autres projets de numérisation (dont il reste à voir s’ils ne conduiront pas à de nouvelles privatisations).

[…] Il serait donc normal sous prétexte que l’Etat est fauché et qu’il y aura des bénéfices d’accessibilité à terme (dix ans sauf pour quelques « bonus » et au fur et à mesure de la numérisation dans les seuls locaux de la BNF) d’exproprier chacun d’entre nous des droits qu’il a à l’égard du domaine public pour en attribuer le privilège d’exploitation exclusive à des acteurs économiques.

Ces propos cernent à mon sens exactement les contours du problème, avec des mots renvoyant à des choses précises : ce qui est inacceptable, ce n’est pas le fait d’avoir conclu un partenariat avec une firme privée ; ce n’est pas non plus que cet accord implique une forme de commercialisation du domaine public ; c’est l’exclusivité accordée à ce partenaire qui porte atteinte au domaine public en tant que bien commun de la connaissance. Cette exclusivité, si on veut en analyser la nature exacte, comporte deux dimensions : une exclusivité commerciale réservant l’exploitation des contenus à un seul acteur et une exclusivité d’accès, qui empêche la mise en ligne et oblige à passer par les bases de données des prestataires pour accéder aux œuvres numérisées.

Il y a bien ici en outre expropriation, car le domaine public présente une nature particulière. Il ne s’agit pas d’un simple bien public, dont l’Etat pourrait disposer comme bon lui semble. Les ouvrages physiques sont certes des biens publics, tout comme le sont les murs des tours de la BnF. Mais les oeuvres incorporées par ces livres ou ces enregistrements, une fois les droits patrimoniaux éteints après la fin des droits d’auteur, ne  sont pas des biens publics. L’Etat n’a aucun titre de propriété sur elles : il s’agit véritablement d’un bien commun de l’Humanité, sur lequel nul ne peut revendiquer un titre exclusif de propriété.

Il existe certes un certain flou en jurisprudence sur ce point, le Conseil d’Etat ayant tendance parfois à assimiler le domaine public au sens de la propriété littéraire et artistique à un bien public, sans prendre en compte les oeuvres en elles-même. Mais il n’a pour l’instant jamais été formellement établi que le régime de propriété publique que les institutions peuvent revendiquer sur les ouvrages physiques puisse être étendu aux versions numériques. Et c’est très bien ainsi.

Ces accords ne peuvent s’analyser comme une concession de service public.

Dans le montage des partenariats BnF, un droit exclusif d’exploitation est conféré aux acteurs privés, mais s’agissant du domaine public, il n’existe pas de fondement juridique valable qui permette de justifier une telle restriction. La BnF n’est pas propriétaire des oeuvres du domaine public : elle ne pouvait pas délivrer une telle exclusivité. On est ici typiquement dans la prolongation des pratiques de copyfraud que l’on peut souvent constater au sein des institutions publiques  dépositaires du patrimoine culturel. Le régime de propriété publique applicable aux oeuvres physiques ne donne pas de prérogatives sur les « oeuvres immatérielles » au sens de la propriété intellectuelle. Beaucoup des confusions rencontrées dans cette affaire résultent de cette confusion entre le matériel et l’immatériel.

Le principal risque lorsqu’on s’abandonne à ce genre d’amalgames consiste à raisonner sur de fausses analogies, notamment celle de la concession de service public. C’est la base du raisonnement du blogueur Authueil, par ailleurs favorable à ces accords :

Certains hurlent à l’atteinte intolérable au domaine public, parlant même de privatisation. Personnellement, je ne vois pas où est le problème. Les documents sont toujours consultables, dans les conditions actuelles, et à terme, tout sera en ligne gratuitement. Les sociétés privées ont juste le droit, pendant 10 ans, de développer un service qui n’existe pas actuellement. Mais en aucun cas, la propriété de quoi que ce soit du domaine public leur est transféré […] Il n’y a pas privatisation, il y a concession, et sans restriction des accès existants.

On retrouve cette même assimilation dans la déclaration de l’ADBU (Association des Directeurs de Bibliothèques Universitaires), qui repousse fermement ces accords, mais sans remettre en question la forme même de ces partenariats, au motif qu’on pourrait les assimiler à une concession de service public :

Sur le plan commercial, le partenariat conclu avec Proquest apparaît équilibré : financement public-privé pour une exploitation privée de 10 ans (mais semble-t-il exclusive) puis un accès public. Il s’agit en somme d’une concession de service public, auquel se voit contrainte la BnF qui, après 5 ans de RGPP, continue de subir d’importantes restrictions budgétaires cette année encore.

Le rapprochement est pourtant trompeur, car on ne peut raisonner avec le domaine public et la Connaissance comme on le ferait avec des autoroutes ou des bâtiments publics. Lorsque l’Etat concède à un entrepreneur la construction et la gestion d’une autoroute  il possède un droit sous-jacent, sur les terrains où cette voie va être créée. Il achète ou exproprie même au besoin des propriétaires privés pour pouvoir constituer cette propriété publique. Il y a donc bien une propriété publique, qui est le fondement même de la concession. Mais avec le domaine public, sauf à s’appuyer sur divers maquillages juridiques relevant du copyfraud, l’Etat n’a pas ce titre de propriété qui lui serait indispensable pour concéder le service. On ne peut concéder ce dont on n’est pas propriétaire.

Il est faux de dire comme le fait Authueil que « rien de la propriété du domaine public » n’est transféré. L’octroi d’une exclusivité implique nécessairement un titre de propriété sous-jacent. Même si le transfert n’est pas définitif (la propriété n’est de toutes façonsjamais définitive en matière littéraire et artistique), l’exclusivité sous-entend nécessairement la revendication d’un droit de propriété qui n’existe pas en l’occurrence  C’est pourquoi il serait fondamental d’ailleurs de pouvoir connaître quel fondement invoque la BnF dans les contrats pour justifier cette exclusivité. Je suis prêt à parier que l’équation aura été pour eux insoluble et qu’ils auront accordé cette exclusivité dans invoquer aucun fondement juridique réel, ce qui les exposera au risque d’une annulation en justice.

Voilà aussi pourquoi la réponse de Bruno Racine à Livres Hebdo est particulièrement poussive, lorsqu’il dit qu’il serait plus juste de parler « d’exclusivité pour le partenaire qui fournit la prestation, et non de privatisation ». C’est vraiment ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied…

Il y a bien ici privatisation, justement parce qu’une exclusivité a été concédée à un prestataire sur le domaine public. Entendons-nous bien, il existe des privatisations, dont on peut discuter le bien-fondé (transports, télécommunications), mais qui s’inscrivent dans un cadre légal. Ici, il serait plus juste de dénoncer une privatisation opérée sans base légale et sur un objet, le domaine public, qui par nature ne peut faire l’objet d’une tel traitement. C’est en ce sens qu’il y a expropriation, mais là encore le mot n’est pas exactement le bon. Il y a ici destruction d’un bien commun par un processus d’enclosure, au sens très fort que la théorie des biens communs donne à ce terme, qui implique la mise en oeuvre d’une violence illégitime et une logique de démantèlement.

Pourquoi l’opposition actuelle n’a rien à voir avec un refus de la commercialisation du domaine public, bien au contraire !

La déclaration « Non à la privatisation du domaine public à la BnF ! » que de nombreuses organisations ont signé a été jugée par certains comme marquée politiquement. Il s’agirait en gros d’un texte d’extrême-gauche, qui s’opposerait pour des raisons idéologiques à la privatisation, ou au principe même que l’on puisse faire un usage commercial du domaine public.

C’est un point de vue très clairement exprimé chez le blogueur Christophe Henner, se faisant l’écho de débats visiblement complexes au sein de Wikimedia France pour arrêter une position sur le sujet :

Ce contre quoi la lettre, qui je crois ne doit pas être signée par Wikimédia France, s’élève est spécifiquement l’exclusivité et l’exploitation commerciale des numérisations d’œuvres dans le domaine public.

Depuis que je me bats pour la promotion et le développement de la connaissance libre, et j’ose espérer que ça ne changera pas, je me bats, entre autres, pour que les gens puissent réutiliser les contenus de manière non-commerciale ET commerciale. Je ne reviendrais jamais sur ça.

Une oeuvre dans le domaine public doit pouvoir faire l’objet d’une exploitation commerciale. C’est capital, et je reviendrais sur ce point en fin d’explication.

Sur la forme, je trouve la lettre assez « effrayante » par le champ sémantique utilisé. Quand on parle de « firmes privés » et de « privatisation du domaine public », je suis coi. Je me bats, via Wikimédia France, pour la connaissance libre pas pour une vision politique. Pourtant ces termes sont porteurs d’une vision politique. Je me suis suffisamment débattu pour que Wikimédia France soit apolitque et j’espère bien qu’elle le restera bien longtemps

Il y a une confusion importante dans ce raisonnement, qui résulte du fait que l’auteur met sur le même plan exclusivité et exploitation commerciale. Cela le conduit d’ailleurs à entrer en contradiction avec les valeurs qu’il défend. Il n’a jamais été question dans la déclaration visée de s’opposer au principe même que l’on puisse faire un usage commercial du domaine public. Elle vise justement à ce que de nouvelles couches de restrictions ne soient pas appliquées sur le domaine public pour empêcher la réutilisation, aussi bien  commerciale que non-commerciale.

Dans un billet précédent, je rappelais également le point de vue exprimé par Hervé Le Crosnier sur la question, qui soutient cette déclaration :

Hervé Le Crosnier explique très bien dans son interview sur Actualitté que le domaine public a naturellement vocation à être exploité commercialement, sous forme de rééditions, traductions ou adaptations, notamment. Le problème n’est pas la commercialisation, mais la privatisation du domaine public, qui passe dans ces accords par le fait d’avoir octroyé des exclusivités de 10 ans aux partenaires privés.

Ce que ne voit pas Christophe Henner, c’est que l’exclusivité accordée aux prestataires privées dans ces partenariats est précisément une exclusivité commerciale, qui va empêcher des entreprises tierces de faire un usage commercial des contenus. Se battre contre cette exclusivité, c’est justement lutter pour que l’usage commercial reste ouvert, parce que qu’il fait intrinsèquement partie de la définition même du domaine public. On notera d’ailleurs que de nombreuses associations issues de la sphère du Libre ont signé cette déclaration, sans y voir cette charge contre la commercialisation que dénonce Christophe Henner.

Les termes « privatisation » ou « firmes privés » employés n’ont en fait ici pas de dimension politique. Ce n’est pas faire de la politique politicienne que de lutter pour préserver les biens communs de la connaissance (même si c’est un enjeu politique majeur pour le XXIème). Il aurait sans doute été plus juste de dénoncer ici l’enclosure d’un bien commun, plutôt que la privatisation du domaine public, mais ces termes, beaucoup plus exacts, ne sont certainement pas encore assez connus au-delà d’un cercle restreint pour mobiliser dans le cadre d’une telle action. C’est à nous d’ailleurs de faire en sorte qu’ils le deviennent, mais il s’agit d’un travail de fond.

Dans cette affaire d’ailleurs, je dénoncerai d’ailleurs beaucoup plus l’attitude de la personne publique, en l’occurence la BnF et l’Etat, que les firmes privées en cause. Mon engagement sur le thème des biens communs m’a d’ailleurs conduit graduellement à me rendre compte que les acteurs publics peuvent s’avérer tout aussi redoutables pour les biens communs que les acteurs privés. Dans un billet précédent consacré lui aussi à la numérisation et au domaine public, je disais ceci :

Il y a quatre ans, j’étais défavorable à ce partenariat avec Google, parce que je pensais qu’une solution publique pouvait être mise en place en France, qui préserverait le domaine public.

Depuis, j’ai constaté avec horreur que les personnes publiques et l’Etat sont tout aussi menaçants pour le domaine public que ne le sont les grandes firmes privées.

Les bibliothèques protègent le patrimoine, mais qui protège celui-ci des errances de l’action publique ?

Le combat pour les biens publics a d’ailleurs ce mérite de sortir de l’opposition entre privé et public, entre le marché et l’Etat, pour faire entrevoir de nouveaux positionnements.

Les mots sont importants, parce qu’ils nous permettent d’entrevoir une solution au problème.

Cette réflexion sur les mots et les concepts est à mon sens tout à fait essentielle, car elle dessine ce que pourrait être une sortie de cette crise.

Wikimedia France a publié une déclaration dans laquelle elle propose en conclusion des pistes de solution que j’ai bien du mal à partager :

Dans une période de moindre financement, nous pouvons entendre qu’il vaut mieux mettre à disposition les scans de ces ouvrages dans dix ans que ne pas les numériser du tout.

Nous accueillerions donc avec joie un effort de transparence de la part de la BnF afin que soient présentées les pistes suivies afin de démontrer que le partenariat public/privé a été choisi en dernière instance car seule solution réellement implémentable.

Nous pensons également que le partenariat peut être amendé. En particulier, si nous nous réjouissons que les scans soient disponibles dans les murs de la BnF (où se trouvent déjà l’exemplaire originel), il nous semble important que des points d’accès existent dans les autres régions afin de promouvoir le principe d’égalité d’accès des citoyens aux services publics et à la connaissance.

A titre personnel (et j’insiste bien là dessus, c’est mon avis personnel), je ne suis pas disposé à accepter l’exclusivité commerciale et l’enclosure d’accès que sous-tendent ces partenariats, pour les raisons que j’ai évoquées ci-dessus. Une issue, comme celle proposée par Wikimedia France, qui consisterait simplement à étendre l’accès dans quelques bibliothèques en France ne lèverait à mes yeux aucunement le problème majeur dans cette affaire, qui réside dans le fait que l’exclusivité accrédite un droit sous-jacent pour l’Etat sur le domaine public, qui ne peut conduire qu’à l’étiolement et à l’affaissement progressif de sa substance.

L’argument consistant à dire qu’il faut se ranger au réalisme économique et qu’en temps de crise de telles solutions doivent être acceptées ne me paraît pas non plus recevable. Il a d’ailleurs été très bien démonté par l’économiste de la culture, Mathieu Perona :

On le sait et le répète, l’État français refuse assez obstinément de se doter des instruments d’évaluation des politiques publiques. On peut même aller plus loin : à gérer les institutions de manière indépendante, il abdique son rôle de coordinateur de l’action publique. Les accords de la BnF sont un cas d’espèce : ils reposent sur la monétisation auprès d’un client public (les établissements d’enseignement et de recherche) d’un contenu détenu par une institution publique, monétisation qui sert à rembourser une avance réalisée par un prestataire privé.

Il y a là une profonde erreur de gestion publique, puisqu’il ne s’agit pas d’une valorisation des collections de la BnF, mais d’un simple transfert de ressources d’une partie de l’administration publique à une autre. Les taux d’emprunt actuels font en outre que le financement direct de la numérisation par ce biais coûterait moins cher que la marge prise par le prestataire.

On nous dit que les caisses sont vides et que l’Etat n’a plus de crédits à consacrer à la numérisation patrimoniale. Pourtant, on a appris récemment que les magazines de la marque Télé-Z recevaient du Ministère de la Culture 23,5 millions par an de subventions. C’est davantage que ce que la BnF perçoit du Centre National du Livre pour conduire ces programmes de numérisation de masse. C’est un exemple, mais combien doit-il y avoir de niches semblables ? Dans ce sujet comme dans d’autres l’argument de la crise est bien pratique, quand il permet de faire l’économie de véritables arbitrages politiques dans les priorités à défendre !

Si le problème réside bien dans l’exclusivité accordée, la solution pour sortir de cette crise consiste à agir sur ce levier. A vrai dire, ces montages traduisent surtout un problème de perception dans la valeur de la numérisation. Ce n’est pas l’accès en lui-même aux contenus qui fait la valeur, mais les services associés qui permettent le traitement de l’information. Pour prendre une exemple, l’existence de Légifrance n’empêche pas des éditeurs juridiques de construire des bases de données et de les vendre, parce qu’ils offrent une valeur ajoutée sur les contenus. L’accès à la loi et à la jurisprudence (autre composante fondamentale du domaine public) reste bien libre et gratuit, sans empêcher la mise en place d’un écosystème  économique (qui pourrait d’ailleurs être encore plus riche si Légifrance passait vraiment en Open Data, mais c’est une autre question).

Il pourrait en être de même en matière de numérisation du patrimoine. Un acteur comme ProQuest par exemple est reconnu pour développer des bases de données de qualité, qui offrent un véritable service aux chercheurs. C’est une erreur à mon sens de croire que ProQuest n’aurait pas vendu sa base si les scans avaient été rendus par ailleurs accessibles par ailleurs dans Gallica. Il existe un marché pour ce type de produits à valeur ajoutée, en France et à l’étranger, tout comme les universités ne renoncent pas à acquérir des bases de données juridique  sous prétexte qu’existe un Légifrance !

Par ailleurs, l’accès libre en ligne des fichiers n’empêche de développer des services payants à valeur ajoutée. C’est le cas par exemple de la numérisation à la demande, que la BnF a déjà mis en place avec plusieurs partenaires commerciaux, sans accorder à aucun d’exclusivité.

Cette affaire révèle en définitive surtout un problème dans la conception de la valeur à l’ère du numérique, comme le dit d’ailleurs très bien à nouveau Mathieu Perona :

Est sans doute également entrée en ligne de compte l’opinion répandue dans les milieux culturels français que la gratuité dévalorise l’objet, argument déjà entendu lors du débat sur la gratuité des musées. Faire du payant, c’est dans cette perspective affirmer la valeur du corpus, et tant pis pour ceux qui se retrouvent exclus de l’accès aux contenus.

Ces exclusivités peuvent être levées, l’intégrité du domaine public sera préservée et l’intérêt économique même des parties en cause dans cette affaire n’en souffrirait pas. Mais après une telle alerte, nous ne pourrons faire l’économie d’une réflexion générale en France sur le financement de la numérisation, la préservation du domaine public et les liens à tisser avec les acteurs économiques. Ce serait d’ailleurs le meilleur moyen de transformer cette crise en quelque chose de positif.


 

>>> Publié parLionel Maurel le 25/01/2013 sous licence  Creative Commons License

>>> Source @ http://scinfolex.wordpress.com/2013/01/25/privatisation-expropriation-concession-commercialisation-du-domaine-public-les-mots-ont-un-sens/

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    Catalogué illégal, le piratage de films et de séries fait pourtant partie du quotidien de beaucoup d’internautes, et il n’y a plus grand-monde pour faire semblant de s’en offusquer. Des études ont même prouvé que les plus gros consommateurs de … Lire la suite­­
    Framalang
  • La confidentialité bientôt twitterminée ? 31 mai 2017
    Le succès de Twitter est toujours aussi impressionnant (des statistiques nombreuses et significatives ici), même si l’entreprise continue d’enregistrer des pertes, trimestre après trimestre. Ce qui est constant aussi avec Twitter c’est sa désinvolture caractérisée vis-à-vis des données que nous … Lire la suite­­
    Framalang
  • Pas Sages en Seine 2017 : Atelier de préparation du calendrier de l’Avent du domaine public 2018 15 juin 2017
    Venez nous aider à identifier et à choisir les auteurs qui seront retenus pour figurer dans l’édition 2018 du Calendrier de l’Avent du domaine public. Le domaine public est à vous, venez le valoriser ! Après Apollinaire et Zweig en 2013, Camille Claudel, Soutine et Rachmaninov en 2014, Munch et Giraudoux en 2015, Ravel en […]
    SavoirsCom1
  • Rendez-vous samedi 17 juin à la librarie A livr’ouvert pour soutenir le projet Communauthèque ! 12 juin 2017
    Samedi 17 juin, à partir de 14h30, la librarie A livr’ouvert accueillera Hervé le Crosnier pour une présentation des activités de C&F Editions et une rencontre autour du thème : « culture numérique et connaissances partagées. Des livres pour comprendre la société de la connaissance. » Hervé le Crosnier est l’un des deux parrains du collectif SavoirsCom1 […]
    SavoirsCom1
  • Participez au projet Communauthèque lors d’une soirée jeux ! (mercredi 31 mai) 26 mai 2017
    Mercredi 31 mai, le collectif SavoirsCom1 vous invite à participer à une soirée jeux pour découvrir le jeu « Cartes en Commun ». Il s’agit d’un jeu de stratégie politique sous licence libre (plus d’informations ici), dans lequel les joueurs doivent protéger leurs ressources contre des accaparements en créant des arènes politiques ! Apprenez à gérer un […]
    calimaq
  • Appel à dons d’ouvrages pour la création d’une Communauthèque 14 mai 2017
    La Communauthèque késako ? La Communauthèque est un projet documentaire sur les Communs, lancé par SavoirsCom1 (collectif engagé pour le développement de politiques et d’initiatives liées aux communs de la connaissance). Il se décline en deux branches : un travail bibliographique visant à référencer les documents de tous types touchant au concept de communs. Au […]
    SavoirsCom1
  • Marchons pour les Sciences (mais pour les Sciences Ouvertes !) 18 avril 2017
    Le collectif SavoirsCom1 s’associe à la Marche pour les Sciences qui sera organisée le 22 avril prochain, Jour de la terre, pour protester contre l’attitude de l’administration Trump vis-à-vis de la recherche publique aux États-Unis. L’administration Trump instrumentalise les crédits fédéraux pour réorienter les projets de recherche dans le sens de ses orientations idéologiques. Il […]
    SavoirsCom1
  • Participez à la consultation d’Etalab sur la nouvelle version de la Licence Ouverte 12 avril 2017
    La mission Etalab a lancé en début de semaine un appel public à commentaires à propos de la nouvelle version de la Licence Ouverte / Open Licence (LO). Le collectif SavoirsCom1 salue cette démarche et incite tous les acteurs intéressés par le développement de l’Open Data en France à y contribuer. Cette décision fait suite […]
    SavoirsCom1
  • Participez à notre atelier “Communauthèque” : une bibliographie pour les Communs ! 4 avril 2017
    Depuis quelques mois, le Collectif SavoirsCom1 mène un chantier de Bibliographie collaborative des Communs dans le but de créer une « Communauthèque », ou un fonds de référence sur les Communs. Cette bibliographie est accessible en mode collaboratif et vous pouvez d’ores et déjà participer à son enrichissement (voir ce groupe Zotero). Cet atelier aura […]
    SavoirsCom1
  • 14 propositions pour le développement des licences libres en France 4 avril 2017
    Le collectif SavoirsCom1 a été auditionné la semaine dernière par le CSPLA (Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique) dans le cadre d’une mission consacrée à l’économie des licences libres. Nous publions à la suite une liste de 14 propositions que nous estimons importantes pour le développement des licences libres en France.   1) […]
    calimaq
  • Rapport « Musées Du XXIe siècle » : la culture toujours sans ouverture 7 mars 2017
    Rapport Musées Du XXIe siècle : la culture toujours sans ouverture La mission « Musées du XXIe siècle » a remis la semaine dernière son rapport au Ministère de la Culture, au terme de près de 10 mois de travail, jalonnés par une consultation citoyenne en ligne. La lettre de mission du Ministère de la Culture demandait […]
    SavoirsCom1
  • Street Art et liberté de panorama : et si on arrêtait la désinformation ? 12 juin 2017
    En marge des élections législatives, il s’est produit la semaine dernière un incident qui mérite que l’on s’y attarde, surtout quand on voit la manière dont il a été traité dans la presse. Le graffeur C215 a dénoncé l’utilisation qui était faite d’une de ses fresques par le comité électoral du parti « En Marche » du […]
    calimaq
  • Quel modèle économique pour une numérisation patrimoniale respectueuse du domaine public ? 6 juin 2017
    Le mois dernier est paru au Cercle de la Librairie le livre « Communs du savoir et bibliothèques« , pour lequel Lionel Dujol, qui coordonnait l’ouvrage, m’a demandé d’écrire une contribution. La publication de ce livre est un signe de plus de l’importance croissante de la thématique des Communs dans la sphère professionnelle des bibliothèques. On peut […]
    calimaq
  • L’exclusion forcée du marché comme enclosure des biens communs 29 mai 2017
    La semaine dernière est paru sur le site Reporterre un intéressant article consacré à Jean-Luc Danneyrolles, le fondateur du « Potager d’un curieux » : un lieu situé dans le Vaucluse dédié à la préservation et à la promotion des semences libres. Le papier explique notamment le parcours du combattant que ce paysan a dû traverser pour […]
    calimaq
  • La cuisine va-t-elle cesser d’être Open Source ? 25 mai 2017
    Du point de vue du droit d’auteur, et de la propriété intellectuelle en général, la cuisine possédait jusqu’à présent un statut très particulier. Alors qu’il s’agit incontestablement d’un des champs de la création, les juges considérent que les recettes de cuisine ne sont pas protégeables par le droit d’auteur. Il en résulte que les cuisiniers sont libres de […]
    calimaq
  • Ridley Scott et la saga Alien : quand l’auteur devient son propre monstre… 14 mai 2017
    Cette semaine est sorti sur les écrans le film Alien : Covenant qui ajoute un nouvel épisode de la saga initiée par Ridley Scott en 1979. Après le déjà très controversé Prometheus en 2012, Ridley Scott revient aux commandes d’un film qui est en train de déclencher parmi les fans un véritable torrent de critiques négatives, accusant le […]
    calimaq
  • Lawrence Lessig, les dérives du web et la « mort des éditeurs » 5 mai 2017
    S’il y a une personne qui a compté dans mon cheminement intellectuel, c’est bien le juriste américain Lawrence Lessig. Je me souviens encore de l’avoir découvert à travers ses incroyables conférences TED, puis la lecture d’ouvrages marquants comme L’Avenir des Idées, Remix ou Code Is Law. Initiateur du projet Creative Commons, défenseur infatigable du domaine […]
    calimaq
  • « Information will be mine ! » : vers un droit de propriété sur les données en Europe ? 3 mai 2017
    Le Conseil National du Numérique a rendu, il y a quelques jours, un avis à propos d’une consultation lancée en janvier dernier par la Commission européenne sur la question de la « libre de circulation des données en Europe ». Cela fait un moment que la Commission veut lancer une initiative en faveur du « Free Flow of Data » – la […]
    calimaq
  • Liberté d’expression : le web européen subira-t-il la « malédiction du Titanic » ? 30 avril 2017
    Cette semaine, le vidéaste Mozinor a posté sur YouTube une vidéo intitulée « Titanic Strike » qui nous montre ce qui pourrait arriver au web en Europe, si la réforme du droit d’auteur en cours de discussion au Parlement européen tournait mal. En exil pour un strike… Il y a quelques semaines, Mozinor a essayé de remettre […]
    calimaq
  • L’Open Data culturel est possible (et les bibliothèques le prouvent !) 13 avril 2017
    C’est sans doute dans le champ de la culture que le développement de l’Open Data s’est jusqu’à présent avéré le plus difficile. Mais il s’est produit cette semaine un événement important qui prouve que la démarche est possible, à condition que la volonté politique soit au rendez-vous. C’est la bibliothèque de l’INHA (Institut National d’Histoire […]
    calimaq
  • mise en sommeil de la spirale pour rejoindre le Blog Libre 2 mai 2016
    Je vais rejoindre le blog libre qui va réouvrir pour une nouvelle aventure collective. Nous démarrons à trois avec Laurent Napias et Cascador. L’intérêt est de fédérer les forces vives de deux blogs afin de reprendre l’aventure blog libre entamée il y a de cela quelques temps. Il s’agit pour moi de reprendre un rythme […]
    Damien
  • le système fiscal est un logiciel propriétaire verrouillé par les plus riches 18 avril 2016
    Suite à un post sur Diaspora* concernant les révélations des Panama Papers, nous en sommes venus à parler  des paradis et des enfers fiscaux. Un enfer fiscal, selon certains, serait un lieu oú les plus riches seraient oppressés par les impôts imposés par l’état. Une oppression telle qu’ils pourraient peut être en mourir, voir être […]
    Damien
  • se recentrer sur l’essentiel : basta les réseaux sociaux 12 avril 2016
    Saoulé par les discussions et petitesses sur Twitter, j’ai décidé de passer en mode passif sur ce réseau social : compte encore ouvert mais plus de consultations là bas pour ma part, ca part trop dans tous les sens et je vois trop d’attitudes imbéciles, mensongères et malhonnêtes intellectuellement. Twitter est un champ de bataille […]
    Damien
  • France : la trahison démocratique permanente 4 avril 2016
    Notre histoire est celle d’un pays qui croit aux contes de fées. Surtout les contes de fées politiques. Les gens s’en remettent à autrui pour gouverner leurs vies. Ils remettent donc leur pouvoir de citoyens entre les mains d’un homme, d’un groupe d’hommes. Ce système perdure depuis des décennies. Par habitude. Le temps de la […]
    Damien
  • internet, surveillance de masse, télévision, loi travail… passez à l’action ! 30 mars 2016
    Je lisais encore dernièrement quelques  bons vieux articles sur l’espionnage généralisé des communications électroniques par les USA et sur le fait que notre monde se transforme en « Meilleur des Mondes » version Aldous Huxley. On peut se plaindre de la politique d’espionnage de nos données personnelles par les USA. On peut se plaindre de la complicité des grands acteurs […]
    Damien
  • pour bien comprendre la loi Travail 29 mars 2016
    Il faudrait déjà lui donner un nom proche de son but : la loi Entreprises parce que tous ses volets favorisent les entreprises, pas le salarié, pas la rémunération du salarié, pas les conditions de vie du salarié, pas la vie de famille du salarié. Il faut aussi expliquer pourquoi elle donne tant d’avantage aux […]
    Damien
  • le parti socialiste et les républicains, comme d’habitude, sont sur la même longueur d’onde pour limiter la démocratie 28 mars 2016
    Le parti socialiste le parti les républicains se sont mis d’accord pour rendre public les signatures accordées pour un candidat à la présidentielle et les signataires devront envoyer eux-mêmes leur parrainage au Conseil Constitutionnel. Avant, le candidat faisait signer un soutien et s’occupait lui-même d’envoyer ses 500 signatures. Là, le gars peut dire qu’il va […]
    Damien
  • nouvel entrant pour remplacer Gmail, Yahoo, Outlook… : Infomaniak 22 mars 2016
    Je l’avais oublié et c’est un commentaire avisé de Ounet qui me le rappelle : si Gandi et OVH sont soumis à la Loi Renseignement française et doivent, le doigt sur la couture, transmettre vos données de correspondances et de stockage aux autorité françaises un peu trop curieuses, ce n’est pas le cas d’Infomaniak, un […]
    Damien
  • la géopolitique des données numériques 3 mars 2016
    J’avais écrit ce billet suite à commentaire de Marion : elle soulevait le problème de l’hébergement d’un service email à l’heure de l’espionnage total d’internet ou encore « à qui confier ses échanges par email à l’heure de la surveillance généralisée ? ». Soyons clair : personne ne peut garantir la confidentialité de nos conversations numériques. Personne. […]
    Damien
  • Mai 2017 2 juin 2017
    Lundi 1er, Genève Je lis une biographie de Camus par Onfray, ramassée au hasard sur une table de la maison Pittet. J’y trouve une belle définition d’anarchiste : « Qui refuse de suivre autant que de guider. » Voilà pourquoi j’aime me contredire, changer de point de vue, pour éviter de me transformer en maître à penser. Un […]
    Thierry Crouzet
  • Un auteur en déshérence ou est-ce le Net qui déraille ? 30 mai 2017
    En un temps, j’étais blogueur. Ça voulait dire quoi ? Je pensais un truc, l’écrivais, le publiais, lisais d’autres trucs, recevez des commentaires, écrivais à nouveau, publiais à nouveau. C’était ça l’expérience du blog, c’était ça que j’aimais dans le blog et qui était neuf. Une temporalité inédite de la littérature. La publication posée en ligne, […]
    Thierry Crouzet
  • Revenu universel : on veut nous prendre pour des couillons 25 mai 2017
    Rangez votre utopie : le revenu universel ça ne peut pas marcher. Mais qui a déclaré ça ? L’OCDE, sigle qu’il est alors bon de détailler : Organisation de coopération et de développement économiques dont, dixit Wikipedia, les pays membres — des pays développés pour la plupart — ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Comment dire ? […]
    Thierry Crouzet
  • Écriture romanesque : pas mieux que Wattpad 18 mai 2017
    Dans Le point aveugle, une théorie du roman que je vous recommande, Javier Cercas écrit : « La meilleure littérature n’est pas celle qui ressemble à la littérature, mais celle qui ne lui ressemble pas ; c’est-à-dire : celle qui ressemble à la vérité. Toute littérature authentique est anti-littérature. » Et si, sur le Net, la littérature se jouait hors […]
    Thierry Crouzet
  • L’abondance a conduit à la saturation 12 mai 2017
    Mon époque ne me satisfaisait plus ou c’est ma façon de vivre qui ne me satisfait plus, ce qui revient un peu au même, l’époque me poussant à vivre d’une certaine façon et ma façon de vivre m’incitant à juger mon époque d’une façon semblable. Nous avons imaginé un beau modèle théorique : l’abondance devait nous […]
    Thierry Crouzet
  • Fin des écritures sur le blog 8 mai 2017
    Ne vous réjouissez pas, je n’ai pas décidé d’arrêter de bloguer, simplement de ne plus pousser sur mon blog mes expériences d’écriture. À l’avenir, en tout cas pour un certain temps, je dédie ces pages à mon carnet de route, mes vagabondages et mes diverses réflexions sur l’écriture, l’édition, le Net, la politique… Aujourd’hui, je […]
    Thierry Crouzet
  • La Présidentielle est terminée, vous pouvez enfin lire Résistants 8 mai 2017
    Pas simple de sortir un livre quand tout le monde s’égosille pour un oui ou pour un non. Pendant ce temps, de plus en plus de gens meurent à cause des bactéries résistantes aux antibiotiques, et les politiques en particulier ferment les yeux. Voici quelques vidéos et images pour vos donner envie de plonger dans […]
    Thierry Crouzet
  • La présidentielle vous fait-elle perdre le sens de l’humour ? 4 mai 2017
    Je regarde peu la TV, mais je ne rate ni le Tour de France, ni le débat de la présidentielle, événements d’une égale nature sportive. Hier soir, j’ai donc assisté à une ascension nerveuse du Galibier, avec une Le Pen qui ne cessait de planter des banderilles auxquelles Macron répondait au tac au tac. À sa […]
    Thierry Crouzet
  • Avril 2017 2 mai 2017
    Samedi 1er avril, Balaruc Lundi 3 avril, Maillardou Jeudi 6, Maillardou Je cours, je fais du vélo, je traficote une vague promo pour Résistants, je n’écris pas, je n’en ai pas envie, j’en suis au point où même inscrire quelques mots dans ce carnet me pèse, c’est comme si plus jamais je n’écrirai. Je ne […]
    Thierry Crouzet
  • En vrac du mardi caniculaire 20 juin 2017
    En vedette : déclarations tonitruantes et lois liberticides pour avoir l’air de faire quelque chose contre le terrorisme Inquiétant déclaration de Theresa May, suite au nouvel attentat de Londres : c’est clair : si les doits de l’homme nous empêchaient de résoudre les problèmes de l’extrémisme et du terrorisme, nous changerons ces lois pour garder les anglais en […]
    Tristan
  • En vrac du mardi 6 juin 2017
    En vedette Voici une lecture pas très récente mais importante : Le Paradoxe de la violence, et pourquoi le monde ne va pas si mal. Elle est à lire absolument ! En résumé : Nous avons presque tous l’impression que le monde va de plus en plus mal, et devient de plus en plus violent ; Pourtant, factuellement, la […]
    Tristan
  • En vrac avant les vacances 19 mai 2017
    Je m’apprête à partir quelques jours à moto (j’ignore où, je vais choisir un endroit sec, beau et avec des virages). D’ici là, voici un peu de lecture. Je compte sur vous pour ne pas casser l’Internet d’ici à mon retour ! WannaCry et le chiffrement, sur le blog Cozy Cloud ; Un plongeon dans ce que […]
    Tristan
  • Syndrome de l'imposteur 14 mai 2017
    J’ai une petite baisse de moral ces jours-ci, et je tombe (par hasard ?) sur un texte sympa écrit en anglais et que je traduis ici. Voici ce que raconte Neil Gaiman, célèbre auteur de la fameuse BD Sandman entre autres, à propos du syndrome de l’imposteur (le fait de se sentir nul au milieu de […]
    Tristan
  • En vrac, vers le ministère (ou pas) 11 mai 2017
    En vedette Tout à commencé par un tweet de Robin Berjon : Les cop•a•in•e•s du Web: le gouvernement sera annoncé dans une semaine. Si vous aviez le choix de votre ministre de tutelle, qui serait-ce? Florian Rivoal a eu cette drôle d’idée de répondre : @nitot serait pas mal, je trouve. Julien Wajsberg a dégoupillé la grenade : […]
    Tristan
  • En vrac du mardi 25 avril 2017
    En vedette Google ne résistera pas à l’envie d’écouter vos conversations, explique DHH à propos de Google Home, “l’enceinte à commande vocale qui fonctionne avec l’Assistant Google” : Online advertising and privacy has always been at war. Listening in on your conversations because you placed an always-on microphone in your home is just the next obvious […]
    Tristan
  • En vrac du mercredi 5 avril 2017
    En vedette : loi Renseignement, le retour Max Schrems, l’étudiant autrichien en droit devenu avocat qui se bat contre Facebook est interviewé par Rue89 et il explique pourquoi on doit protéger sa vie privée. Je pense qu’il existe deux niveaux de vie privée. Le premier, c’est le sentiment d’intimité. On est bien plus libéré, bien plus […]
    Tristan
  • Bernard Cazeneuve et mon livre surveillance:// 27 mars 2017
    Samedi, à le demande de mon éditeur et malgré le beau-temps, je suis allé au salon du livre pour y rencontrer des lecteurs et dédicacer quelques exemplaires de mon livre surveillance://. Mais le plus beau moment de la journée fut un coup médiatique réalisé de main de maître par le même éditeur, qui a réussi […]
    Tristan
  • L’école et la famille comme fabriques du citoyen critique et éclairé 20 juin 2017
    Mon article d’hier sur le caractère pernicieux, pervers et pervasif des écrans et de leur multiplication a généré quelques commentaires intéressants (mais ils le sont souvent, je dois dire que les quelques lecteurs de ce blog sont toujours au top), notamment celui-ci : Pendant que j’y suis, vous avez tort sur un point important : « Ces images […]
    Neil Jomunsi
  • Quand céderont les digues de la réalité : écrans partout, consentement nulle part 19 juin 2017
    Les écrans nous entourent, et leur nombre ne diminuera pas de sitôt. Au point parfois qu'on pourrait se sentir encerclés. Quelle est la prochaine étape ?
    Neil Jomunsi
  • [PODCAST] Pod42, ép. 2 : Mélissandre L. 9 juin 2017
    « Pod42 », c'est le podcast où pendant une heure, on parle de tout et de rien avec celles et ceux qui font la culture, et c'est très bien comme ça...
    Neil Jomunsi
  • Et Facebook changea alors le monde à tout jamais 8 juin 2017
    J'aurais pu être ami avec Mark Zuckerberg. Je veux dire, le désormais mondialement célèbre fondateur de Facebook et moi avons pratiquement le même âge.
    Neil Jomunsi
  • [PODCAST] Entretien avec Matthieu Dhennin, écrivain 2 juin 2017
    Voyage en podcast au pays des artistes : aujourd'hui, c'est avec Matthieu Dhennin que ça se passe.
    Neil Jomunsi
  • Comment corriger un texte ? 19 mai 2017
    Corriger n'est toujours pas une étape marrante du processus d'écriture (quoique), mais c'est une étape nécessaire si l'on veut améliorer et enrichir son texte.
    Neil Jomunsi
  • L’auteur est-il soluble dans la création du 21e siècle ? 17 mai 2017
    Je lis un manga passionnant en ce moment pour l’auteur et l’éditeur que je suis : il s’agit de Bakuman, de Tsugumi Ōba et Takeshi Obata, à qui on doit notamment Death Note et Platinum End. Ici pas de fantastique, l’histoire est tout ce qu’il y a de plus réaliste : elle dépeint le quotidien de deux jeunes auteurs de […]
    Neil Jomunsi
  • C’est quoi, être éditeur en 2017 ? 6 mai 2017
    Les formidables avancées technologiques des dernières années, internet en tête, ont profondément bouleversé notre perception de l'éditeur et de son utilité, au point que certains le pensent devenu obsolète. Avons-nous encore besoin d'intermédiaires entre l'artiste et le public, ou le web signe-t-il la fin d'une certaine vision de l'édition ?
    Neil Jomunsi
  • Le média, c’est le message : comment Mastodon peut (peut-être) réussir là où Twitter a échoué… 10 avril 2017
    Mastodon est un nouveau réseau social qui reprend les codes et usages de Twitter et qui a connu un vif engouement ces derniers jours, sa particularité étant qu'il ne dépend pas d'une entreprise privée mais qu'il est dit décentralisé.
    Neil Jomunsi
  • Non, la France n’est pas une start-up ! 23 juin 2017
    Réagissant au discours prononcé par le président Emmanuel Macron lors du salon Vivatech le 15 juin sur la politique d’innovation de la France, qui expliquait vouloir que « la France soit une nation start-up. Une nation qui pense et agit comme une start-up », l’entrepreneur Mehdi Medjaoui (@medjawii), cofondateur de OAuth.io et (...)
    Hubert Guillaud
  • Le « manuel pour la civilisation » peut-il devenir numérique ? 16 juin 2017
    Nous avons déjà présenté dans nos colonnes le « manuel pour la civilisation », un projet lancé par Stewart Brand et sa Fondation du « Long Now » : l’idée est de constituer une bibliographie d’ouvrages fondamentaux qui permettraient éventuellement de sauvegarder le savoir humain indispensable et donc de « redémarrer » une civilisation sur de bonnes (...)
    Rémi Sussan
  • Du logiciel libre à la gouvernance éthique 15 juin 2017
    Imirhil est un vrai blog de Dev. Si vous êtes comme moi, vous ne comprenez certainement rien à la plupart des signes qui y sont inscrits. Pourtant, en février dernier, le taulier, éminent défenseur du libre, a commis un billet très intéressant (et tout à fait lisible) qui appelle les (...)
    Hubert Guillaud
  • Sourires forcés 15 juin 2017
    Le 11 mai dernier, le designer Olly Gibs s’est rendu au Rijksmuseum à Amsterdam avec son smartphone. Et il a suffi d’un tweet pour que la face de l’art néerlandais du 17e s’en soit trouvé changé. La raison ? Il a utilisé FaceApp, une application capable de modifier les images, de (...)
    Hubert Guillaud
  • Technologie : peut-on se défaire des promesses et des mythes ? 14 juin 2017
    Le dernier livre de Jean-Gabriel Ganascia a de nombreux mérites, le principal est certainement sa très grande clarté. Dans Le mythe de la Singularité, le spécialiste de l’Intelligence artificielle et président du comité d’éthique du CNRS réfute et démonte pas à pas le cadavre de la Singularité et bien des (...)
    Hubert Guillaud
  • Sabine Barles : « L’idée de nourrir Paris ou Toulouse grâce aux ceintures vertes est une illusion ! » 12 juin 2017
    La professeure en urbanisme et aménagement, Sabine Barles, dans un entretien pour Colibris, revient longuement sur les flux alimentaires urbains. Elle montre combien l’industrialisation, la spécialisation et la distribution de masse ont transformé l’approvisionnement alimentaire des grandes villes. Pour elle, l’enjeu des « circuits courts » n’est a priori pas une priorité (...)
    Hubert Guillaud
  • Non ! Les écrans ne sont pas responsables ! 9 juin 2017
    Non ! Les écrans ne sont pas responsables de retards du développement chez l’enfant !, s’énerve, avec raison, le psychologue, psychanalyste et « geek » Yann Leroux (@yannleroux, blog), auteur notamment des Jeux vidéo, ça rend pas idiot ! ou de Mon psy sur internet. Une tribune énervée en réponse à quelques amalgames… Une tribune (...)
    Invité extérieur
  • En quête de l’extase (2/3) : des commandos à la musique techno 8 juin 2017
    Stealing Fire, le livre de Steven Kotler et Jamie Wheal (voire la première partie de ce dossier) présente moult exemples de techniques d’altération de la conscience – notamment bien sûr les méthodes classiques, comme la méditation ou les hallucinogènes y sont abondamment traités. Mais on se contentera dans les lignes (...)
    Rémi Sussan
  • La lutte contre l’obésité doit-être collective plus qu’individuelle 7 juin 2017
    Plus on comprend les facteurs qui favorisent l’obésité, plus il devient clair que la seule volonté individuelle ne suffira pas pour endiguer l’épidémie, souligne le New Scientist dans son dernier numéro, qui consacre un dossier au sujet. Depuis 1946, chaque génération est collectivement plus lourde que la précédente. L’épidémie d’obésité (...)
    Hubert Guillaud
Welcome , today is samedi, 24 juin 2017