Depuis toujours, la musique et les artistes sont liés à Internet… Internet est une immense salle de concert où chacun peut découvrir de nouveaux talents, et échanger avec ses artistes préférés, voire avec d’autres fans. Et pour les artistes, c’est pareil… Chacun peut se faire connaitre, faire découvrir sa musique, échanger avec son public, trouver d’autres musiciens, d’autres passionnés…etc.

Je ne pense pas qu’il existe sur la toile, un seul artiste qui n’ait pas, aussi petite soit-elle, une petite fanbase et des soutiens. Et depuis toujours, le rapport entre les artistes et le net a été très compliqué… Passé les premiers émois MySpace s’en est suivie une période très clivante à base de P2P. Certains artistes déjà bien installés étaient farouchement opposés à ces échanges libres et d’autres artistes plus modestes estimaient que la musique devait être gratuite et que cela contribuait indirectement à leur richesse en leur apportant de nouveaux fans, et en aidant à remplir les salles de concert.

Le support CD a continué à décliner, les plateformes de vente de MP3 n’ont jamais réellement décollé, certains indépendants ont expérimenté le prix libre et d’autres ont appris à se passer d’intermédiaires (comme les maisons de disques) pour distribuer directement leur musique à leurs fans sur leur propre site.

Et de fil en aiguille, même si tout ce que j’ai cité à l’instant n’a pas disparu, ce qui a mis tout le monde d’accord, ou presque, c’est Spotify, Deezer et YouTube.

Des plateformes qui diffusent sans limites de la musique ET qui rémunèrent les artistes, grâce à la publicité et grâce à des abonnements. Tout pareil que la fameuse licence globale, mais en mode privé.

Et pourtant, tout le monde continue de gueuler… Les artistes parce que les plateformes les payent des clopinettes et les fans, car les abonnements sont trop chers ou la publicité trop intrusive.

Et si je vous parle de tout ça, c’est parce que je viens d’entrevoir ce que sera le futur de la distribution musicale. Un échange libre et direct, sans intermédiaire, entre les artistes et leurs fans et qui ne reposera sur aucune plateforme unique.

Son nom : Musicoin !

Comme pour le Bitcoin qui offre une monnaie décentralisée et hors des griffes des gouvernements et des banques, le Musicoin est un système de blockchain non-profit qui permet de rétribuer directement les artistes sans intermédiaire. Cela fonctionne avec une techno de « smart contract » (comme Ethereum ou d’autres), afin que l’artiste touche son dû à chaque fois que quelqu’un appuie sur le bouton PLAY.

Chaque artiste est libre de fixer son tarif et cette monnaie peut circuler librement entre les gens, être répartie (chacun a son wallet) et être ensuite convertie en euros ou à terme en autre chose : Services, musique, marchandise, visionnage vidéo, financement de projets comme des clips, vente de places de concerts…etc.

C’est un écosystème qui ne demande qu’à être adopté par les artistes et tous ceux qui gravitent dans le monde de la musique et qui souhaitent se passer d’intermédiaires. (Voir cette page pour mieux comprendre comment ça fonctionne)

Actuellement, il n’existe qu’une plateforme qui propose aux artistes de mettre en ligne leur musique (le projet est encore récent), mais l’idée c’est que chacun s’approprie le Musicoin et propose des services, des applications, des sites web, des plateformes de streaming autour de ça. Je suis convaincu que ceux qui sautent dans le wagon maintenant réussiront dans quelques années à détrôner Spotify, Amazon MP3 et j’en passe… Vous allez me prendre pour un fou, mais vous verrez bien.

Tout le projet est open source, le livre blanc est disponible ici et une API sera bientôt proposée. Si vous voulez tester la vitrine de Musicoin, vous pouvez vous inscrire sur le site (encore un poil buggé, inscrivez-vous en cliquant sur « Sign up », les connexions via Twitter, Facebook et G+ ne semble pas encore fonctionner) qui vous offrira 99 MC (Musicoins) pour écouter les morceaux disponibles sur la plateforme. Et si vous êtes un artiste, vous pouvez aussi enrichir la base avec vos propres morceaux.

Bref, une révolution à venir qui va surement braquer les « industriels » de la musique, mais qui aidera, je l’espère, les artistes (Tous les artistes et pas seulement ceux qui font de la musique) à vivre de leur art sans intermédiaire.